JEAN-FRANÇOIS DUBREUIL °1946
'Concrete Kunst/Art Concret'
04-07-2015 > 14-09-2015
Depuis le milieu des années 70, mon travail repose sur un système défini une fois pour toutes : mes tableaux seront la transcription de journaux d’information.
Partant de ce principe, toutes mes réalisations sont le report sur toile des surfaces de supports d’information imprimés : quotidiens (nationaux, régionaux, étrangers) ou hebdomadaires dont je traite soit la une, soit la totalité du journal.
C’est la logique de la série qui prévaut, quand bien même ladite série ne comprend qu’un seul exemplaire. Quelques exemples de séries : tous les quotidiens nationaux d’un même jour, un même titre sur plusieurs jours consécutifs, un même journal traité plusieurs fois selon des critères différents ou suivant des matrices différentes pour la disposition des pages...
L’échelle et la disposition des pages sont établies en fonction du format et du nombre de pages du journal (ou des journaux) de la série réalisée et en fonction du format retenu pour le châssis.
Pour les couleurs, dès le début, une grille de base a été fixée : rouge pour les publicités, noir pour les photos, gris ou blanc pour ce qui n’est pas signifié par les autres couleurs. A cette grille peuvent s’ajouter d'autres couleurs dont le nombre est déterminé par la grille d’analyse retenue pour la réalisation de la série (par exemple la mise en évidence des espaces de la une qui font l’objet d’un renvoi à l’intérieur du journal et des espaces rédactionnels correspondants) et dont l’ordre d’apparition est obtenu par tirage au sort. Avec ces contraintes j’élimine le choix de la composition, qui est donnée par la structure du journal, et je ne tiens compte d’aucune règle de voisinage des couleurs.
Afin de rester ancré dans mon époque, à ces contraintes de forme j’ajoute une contrainte de temps : chaque série est identifiée par un code dont l’ordre croissant respecte l'ordre chronologique des dates des journaux traités.
Librement consenties, ces contraintes, en me faisant renoncer à la plupart des prérogatives du peintre, me permettent d’interroger la peinture de la manière la plus objective possible.

JEAN-FRANÇOIS DUBREUIL 2014